Cette animation, plutôt bien foutue au demeurant, a valut à son auteur japonais quelques critiques lorsqu’il l’a publiée il y a quelques mois. Il à même du retirer la version anglophone de sa page Vimeo. Il faut dire que tous les stéréotypes qui caractérisent le Japon y sont égrenés. Et justement, il semble que c’était l’intention de l’auteur de montrer l’image partielle et partiale du Japon, telle qu’on l’a dans certaines contrées, en se basant sur une série de statistiques et de clichés. A voir au second degré donc.
Si vous avez déjà trainé ,le soir, du coté de kabukicho à Tokyo ou d’autres quartier chaud de grandes villes japonaises, vous avez sans doute déjà vu ces immenses panneaux avec des visages de jeune minets aux coiffures à la mode. Ce sont des hôtes chargé divertir ces dames et plus si affinités et surtout si gros billets. Pour voir ce qui ce cache derrière je vous invite à regarder ce documentaire sur un bar à hôtes d’Osaka, en 6 parties. On y apprend notamment que la clientèle privilégiée de ces établissement est essentiellement constitué de prostituée et d’hôtesses de soapland (des établissement ou les homme ont droit à un savonnage intégral comme leur nom le dit bien…). Pire certaines des clientes en seraient venues à se prostitiuer pour pouvoir s’offrir les services de leurs charmants hôtes…. Édifiant !
Se repérer dans les villes Japonaises est un vrai casse tête. En dehors de quelques grandes artères, les rues n’ont pas de noms et les maisons ont rarement des numéros. Elles portent parfois, en guise d’identifiant, le patronyme des résidents sur une petite plaque, en kanji bien sur ! Ce qui ne nous avance pas beaucoup. Le système d’adresse lui est passablement complexe pour mon petit esprit occidental. Cela fonctionne par divisions de blocs. On a d’abord la ville, puis l’arrondissement, il faut alors trouver le quartier, et puis dans le quartier le bloc ou pâté des maison contenant l’immeuble convoité et, enfin, trouver l’immeuble lui-même. Histoire de pimenter un peu la chose, les numéros des maisons ou des immeubles, quand il y en a, ne sont même pas dans l’ordre comme chez nous. Les bâtiments sont numérotés à l’ancienneté. Le premier construit sera numéroté 1, le suivant 2 et cela même s’il n’est pas mitoyen et se trouve de l’autre coté du bloc….
Bref, c’est l’enfer, et il est impératif de se munir d’un bon plan détaillant chaque bloc si possible. Attention, certains plans n’indiquent pas de numéro de bloc mais le nom en japonais, ils ne vous seront pas d’un grand secours si vous ne maitrisez pas la langue. Si vous vous perdez, n’hésitez pas à demander de l’aide dans un conbini (contraction de convenience store, des supérettes ouvertes 24/24 h pour la plupart) ou mieux au koban, la police de quartier. Ils ont des guérites un peu partout et passent le plus clair de leur temps à renseigner les passants perdus, japonais compris. Et oui, le système d’adresse local est si compliqué que même les japonais ne semblent pas le maitriser totalement. Je ne vous détaillerait pas les innombrables fois ou, avec des japonais, nous avons du demander notre chemin, voir discuter avec le chauffeur d’un taxi du meilleur itinéraire à prendre pour se rendre à une adresse…heureusement qu’il y a des GPS.
Trouver son chemin dans ces mégapoles denses aux labyrinthes de ruelles inextricables est si difficile que la plupart des japonais, quand ils sortent, se donnent rendez-vous à des endroits stratégiques (gares, grands magasins, statues, etc.) avant de se rendre ensembles dans le petit resto ou le petit bar introuvable du quartier…Une des conséquences de cette difficulté à localiser une adresse est la multiplication des plans. Au Japon il y en a partout sur le moindre prospectus et derrière la plupart des cartes de visites de boutiques ou de restaurants.
Je ne sais pas si c’est une légende, mais j’ai ouï dire que la raison de cette complication excessive était historique. Cela remonterait à une époque lointaine ou les rixes entre clans rivaux étaient fréquentes. A cette époque, sans indications, seuls les villageois pouvaient connaitre l’adresse précise de leurs voisins. Pour un étranger animé de mauvaises intentions, impossible alors de repérer avec précision la maison d’une famille.
En guise d’illustration voici une petite vidéo (en anglais) qui explique avec humour le système d’adresses nippon.
Si je me permet de citer la grande philosophe Marie-Pierre Casey c’est pour introduire cette note sur les jeux TV nippons. Les japonais ont une certaine avance sur nous dans le domaine. Il sont parvenus à atteindre le zénith de la débilité profonde depuis déjà quelques décennies. La plupart de ces jeux trash ont un point commun: ridiculiser et/ou humilier le candidat qui a l’air de prendre ça plutôt bien. Certains dirons que ce n’est qu’un reflet des systèmes de brimades et des liens hiérarchiques qui régissent la société nippones et plus particulièrement le monde du travail. Je leur laisse l’entière responsabilité de ce propos.
Quoiqu’il en soit, le genre offre une large diversité, des épreuves en costume ridicule à la intervilles aux séances de torture de candidats à moitié nus. L’un des grands maitre de ce type de production n’est autre que l’acteur-réalisateur-clown Takeshi Kitano a.k.a « Beat Takeshi » avec son fameux Takeshi’s Castle. Gloire à la chaine W9 qui rediffuse pour nous les meilleurs moments de cette émission emblématique, agrémentés des commentaires acerbes de deux présentateurs qu’on sent très impliqués.
En France, on à peu de choses de ce genre, si ce n’est quelques pendants américains de type fear factor par exemple ou on se prend beaucoup plus au sérieux et ou l’aspect pécuniaire du défis et le coté compétition transparait nettement plus. Doit-on classer fort boyard dans cette catégorie d’émission ? Le débat est ouvert, personnellement je pense que tous les critères sont là. Il y a eu aussi une tentative d’adaptation d’un show nippon, genre de tetris géant ou les pièces sont remplacées par des candidats. Ça s’appelait le mur infernal et c’était présenté par la grande Laurence Boccolini qui avait déjà sévit dans le maillon faible, autre show spécialisé dans l’humiliation des candidats, mais s’attaquant cette fois à leurs capacités intellectuelles.
Pour clore cette note, ce que vous attendez tous, bande de petits pervers, une sélection d’extraits de shows, histoire de rappeler que si cela existe, c’est parce qu’un public regarde.
Petite visite guidée en vidéo d’un hotel capsule. Moi ça me fait un peu penser au casier des morgues. A déconseiller aux claustrophobes. (attention, le son n’est pas bon !)
Un thon rouge a été récemment adjugé 16,3 millions de yens (près de 127 000 euros) au marché au poisson de Tsukiji à Tokyo. C’est cher, très cher, mais le record n’est pas battu, il date de 2001 avec un poisson vendu 20,3 millions de yens, soit près de 170 000 euros !! Je ne sais pas à combien cela met la tranche de sashimi, certains établissements huppés pour fins gastronomes vendraient la bouchée 25 euros. Faut dire que cette espèce très menacée et fort appréciée des japonais qui achètent à eux seuls plus de 90 % de la production mondiale. Ce type de records de vente risque donc de se reproduire de plus en plus souvent à l’avenir pour cet or rouge. Comme pour toutes les denrées précieuses, de tels tarifs ne peuvent qu’attiser les appétits des braconniers et trafiquants en tout genre et mettre à mal tous les effort qui sont actuellement fait pour tenter de limiter la pêche et de protéger les populations de thon rouges restantes, notamment en méditerranée, une des principale réserve mondiale.
Véritable nouvelle pratique du geek japonais ou fake pour faire parler sur le net. En tout cas plusieurs médias relaient depuis quelques mois ce qui semble être une nouvelle pratique du jeune branché d’Akihabara: le street computing. C’est tout simplement le fait d’utiliser sont portable dans la rue dans des postures plus ou moins acrobatiques à pied, en vélo statique ou en marchand…Peut-être qu’un jour il y aura des figures de sreet computing comme il y en a pour le skate board ou le BMX. En attendant, on ne peut que rester admiratif devant la capacité qu’on ces jeunes nippons à tapoter sur leur portable en équilibre sur la cuisse ou accroché autour du gout comme le panier d’un marchand de beignet.
Cette vidéo montre en accéléré l’urbanisation du quartier de Shinjuku le célèbre quartier d’affaire et de plaisir ou se trouve notamment la mairie de Tokyo (les deux tours inspirée par l’architecture de la cathédrale Notre Dame de Paris.
L’employé de bureau en costume sombre, l’uniforme du travailleur sur secteur secondaire, c’est une des images du Japon contemporain. Il est un peu comme une institution, vous en verrez partout dans les grandes villes. Ils se déplacent seuls ou en troupeaux, il s’en déverse par centaine dans les rues et les bouches de métro aux heures de fermeture de bureau (pour ceux qui ont la chance d’être fonctionnaires). La-bas, pour l’employé de bureau, l’uniforme est encore de rigueur. Et c’est peut-être en pensant à ce futur vestimentaire pas très fun que les ados se sapent de la façon la plus délirante et branchée qu’il soit au monde. Sortis de l’université, ils devront quitter leurs frusques excentriques à l’avant-garde de la mode mondiale (du moins en semaine), pour revêtir le costume trois pièces pour les hommes et le tailleur sombre, jupe droite, queue de cheval pour les femmes ! Je caricature un peu mais à peine. A la saison du recrutement, au printemps, lorsque les jeunes diplômés courent les entretiens d’embauche, on les repère très facilement à leur tenue réglementée dans les rames de métro.
Au fil du temps, le salaryman est devenu un symbole du Japon au même titre que la geisha ou le samouraï d’antan. C’est sans doute parce qu’il représente un japon économiquement combattant. L’image des hordes de salariés disciplinés qui sacrifient leur personnalités et leur vie de familles aux grandes entreprises et à la réussite du pays sur la scène internationale à fait les choux gras de la presse étrangère durant des années. C’est le stéréotype de fourmilière cher à Edith Cresson. Mais après quelques crises économiques sévères et socialement ravageuses et avec la mondialisation, tout cela n’est plus aussi vrai. Tout change et pas forcément en mieux, il suffit de voir le chiffres du chômage ou le nombre de SDF croissant que compte l’archipel. Mais l’image du salaryman tout entier dédié à sa boite et respectueux de la hiérarchie est tenace. Et elle reflète toujours une certaine réalité, celle de la discipline, du sens du devoir et de la hiérarchie qu’ont la plupart des salarié nippons. Si beaucoup rechignent encore à prendre leurs congés payés, ce n’est pas tant pour faire plaisir à l’employeur que pour éviter la gène que provoquerait le report de la charge de travail sur un collègue
L’autre face du salaryman, beaucoup moins flatteuse celle-là, c’est celle du type complétement bourré qui pionce à même le trottoir parce qu’il est trop saoul pour marcher ou qu’il a raté le dernier train pour sa lointaine banlieue…Cette alcoolisation extrême semble faire partie des traditions du monde du travail japonais. Ce serait un moyen de s’intégrer au groupe et de relâcher la pression en déballant ses rancœurs à ses collègues ou à ses chefs. Souvent on ne peut y échapper même si on le voudrait, surtout si l’invitation aux bacchanales est faite par un supérieur. Les employés qui pratiquent cette coutume en costume se retrouvent en général dans des izakayas ou ils démarrent la soirée en dinant de brochettes (yakitori) largement arrosées à la bière et au saké. Ensuite, ils peuvent passer à d’autres établissements (karaoké, boites interlopes des quartiers de plaisirs comme Kabukicho à Shinjuku) selon un principe de crescendo qu’on appelle la-bas l’échelle ou l’escalier. En japonais, hashigo sake (ハシゴ酒): hashigo pour échelle et sake qui signifie alcool.
Les plus vaillants et les plus résistants réussiront à rentrer chez eux de façon plus ou moins acrobatiques. Les autres finiront la nuit sur le trottoir, dans le caisson d’un hôtel capsule ou encore au poste de police. Après ces soirées de débauche à la japonaise, il semble qu’un accord tacite existe. Tout ce qui se fait ou se dit sous l’emprise de l’alcool est considéré comme nul et il n’est pas question, le lendemain, de s’étaler sur les prouesses de tel ou tel collègue ou de rire du manque de tenue d’un autre. Sans doute pour éviter de mettre les autres dans la gène. Pour illustrer ce billet, j’ai pris une image sur le site Loneleeplanet qui nous fait une petite étude stylistique des différente attitude du salarymen bourré.
Pour finir et vous démontrer que le salaryman est bien une institution au Japon, il y a même des straps à son effigie, j’en est ramené trois que je vous laisse admirer en photo.
Le Metro de Tokyo mène une campagne d’affichage pour inviter les usagers des transports à plus de civisme et de courtoisie. Cela donne une série d’affiches très graphiques et souvent amusantes. Petite sélection…attention, une affiche parodique s’est glissée dans ma sélection, saurez-vous la retrouver (sans aller voir les réponses) ?
Voici une petite anecdote édifiante rapportée par l’afp il y a quelques jours. Cela se passe à Caltagirone petite ville du sud de la Sicile. Un touriste japonais en villégiature dans le coin a le malheur de garer sa voiture de location sur un emplacement réservé aux résidents. Les perdreaux municipaux, qui comme chez nous sont prompts à dégainer le carnet à souche -surtout avec certaines immatriculations-, s’empressent de lui coller une prune. Montant: 38 euros. Devant la difficulté de retrouver l’adresse du gus, reparti au japon entre temps, pour lui expédier la douloureuse, les fonctionnaires de la municipalité se résignent à faire une croix sur les 38 euros.
Mais, oh surprise, quelques jours plus tard, ils reçoivent par missive électronique un laconique message du touriste zélé désireux de s’acquitter de sa dette. Ce qu’il fit, en remerciant en plus les fonctionnaires de leur disponibilité.
Devant un tel comportement, pas vraiment typique dans nos contrées latines, les autorités locales ont eu ce commentaire: « Vous avez fait preuve d’une grande correction, votre exemple qu’il est juste de mettre en évidence, devrait être suivi par tout le monde »
La morale de l’histoire ? Il n’y en a pas vraiment. On ne peut pas généraliser. Mais personnellement, et j’imagine que c’est le cas pour nombre de mes compatriotes, je ne crois pas que j’aurais fait des pieds et des mains pour pouvoir régler cette amende.
L’anecdote m’en rappelle d’autres, assez célèbres, qui ont eu lieu Au Japon. Un ou des mystérieux donateurs déposaient des enveloppes de cash dans des lieux publics (toilettes notamment) ou des boites à lettres. Des montants loin d’être anecdotiques puisque certaines enveloppes surprises contenaient l’équivalent de 10 000 euros.
Le truc étonnant, pour nous français, c’est que nombre de japonais découvreurs de ces trésors se sont empressés d’aller les porter aux policiers.
En déduire que les japonais sont tous honnêtes et ont un sens civique sur-développé serait, encore une fois, aller un peu vite en besogne, et céder à certaines idée reçues. On peut imaginer qu’ils sont aussi nombreux, ceux qui ont empoché l’argent sans rien dire. N’empêche, je persiste à penser que ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça !
Ce sera bientôt possible, JCDecaux qui fournit aux parisiens les Vélib’ a emporté un contrat pour équiper d’une quinzaine de stations cette ville de l’ouest de Honshu. Dans ce pays ou presque tout le monde possède et utilise un vélo, je ne sais pas si ce genre de service est voué à un grand avenir. En tout cas, l’équipementier français aura sans doute moins de boulot question maintenance, les japonais étant assez civique et peu vandales dans l’âme.
Ce qui ne semble pas être le cas de nos compatriotes. Pas plus tard que ce matin, dans un journal gratuit, je lisais un chiffre qui m’a laissé pantois. Depuis le lancement du Vélib’ dans notre chère capitale ce sont plus de 20 000 vélos qui ont été volés ou vandalisés. Soit l’équivalent de l’intégralité du parc installé et un préjudice de 8,5 millions d’euros !! Du coup Decaux n’est pas très content, et on le comprend, à fait voter un avenant à son contrat et la municipalité parisienne prendra désormais en charge à hauteur de 25% (contre 4 à 20 % jusqu’à présent) le coût du remplacement des vélos. Vivement les prochains impôts locaux…
Certaines « traditions » françaises s’exportent assez bien au Japon. C’est la cas de la très commerciale fête du beaujolais nouveau qui permet d’écouler l’espace d’une journée des milliers d’hectolitres de picrate, souvent imbuvable, dans le monde entier. Au Japon, ou l’on a un certain respect pour les traditions culinaires et viticoles françaises, c’est un carton (paradoxalement).
Ajoutez à cela la mode des cosmétiques à base de raisin et dérivés et la tradition séculaire locale des bains et cures thermales et vous obtenez un grand n’importe quoi. Ainsi des petits malins du coté de Hakone, région réputée pour ses sources chaudes et ses établissements de bains, propose chaque troisième jeudi de novembre, des bains au beaujolais nouveau aux vertus soit-disant bienfaitrices pour la peau. Vous me direz, c’est peut-être mieux de se baigner dedans que de le boire…
Passé la blague et le coté festif de l’évènement, le Japon est un des premier débouché pour les producteurs de beaujolpif nouveau. Ils y écoulent plus de 6 millions de boutanches de primeur chaque année à un coût moyen entre 15 et 20 euros, vous imaginez…
Pour un français, au Japon, le vin sera un sujet de discussion incontournable. Les japonais s’imaginent que si on est français on s’y connait forcément en rouquin, c’est génétique. Vous aurez donc souvent la lourde de tache de choisir le breuvage au resto ou supermarché, ou de goûter la vielle bouteille de bordeaux qu’on vous sort du frgio bien glacée pour dire ce que vous en pensez…L’avantage, c’est que si le Japon produit les meilleurs sommeliers du monde, le nippon moyen ne s’y connait pas beaucoup plus que moi en vin et qu’il est assez facile de faire illusion.
Vos hôtes vous proposerons peut-être aussi de goûter certaines cuvées locales, souvent affublées de noms à consonance française pour faire plus chic: « mon frère », « bon rouge », « bon blanc »…Si c’est le cas, méfiez-vous et concentrez vous pour éviter que vos mimiques ne trahissent vos émotions une fois ingurgitée la première gorgée de mixture. J’ai eu l’occasion d’en tester une ou deux. Sans que ce soit foncièrement répugnant, c’est assez surprenant et en tout cas assez loin de notre conception du vin. Ce serait plutôt quelques chose à mi-chemin entre un jus de raisin, pour le coté très sucré, et un vin de table bon marché pour l’acidité.
Dans cette vidéo vous pouvez admirer la nouvelle japon, Emeri Yasaka, dans une tenue pour le moins incongrue. Ce kimono revisité à la sauce cosplay vulgaire est l’ »oeuvre » d’une styliste française qui n’a certainement rien compris au raffinement de ces tenues traditionnelles. Les japonais n’ont pas franchement appréciés la tenue que doit porter leur représentante au concours de Miss Univers et on les comprends. La tenue sera donc modifiée, ouf !
Au japon, il y a aussi des SDF. Là-bas, ils sont appelés houmuresu (ホームレス) qui est la japonisation du mot anglais homeless (sans abri). Difficile d’imaginer dans cette société où la notion d’appartenance au groupe revêt une importance capitale, quel sort peuvent avoir ces exclus. Auparavant ils s’installaient dans les gares et stations de métro. Elles leur sont désormais interdites, ça faisait mauvais genre. Ils se sont donc aujourd’hui regroupés dans des endroits un peu plus tranquilles et moins passants, comme le parc de Ueno ou sur les quais qui bordent la rivière Sumida dans le quartier d’Asakusa. On repère très facilement leurs campements de fortune à cause des bâches bleues utilisées pour étanchéifier leur cabanes de cartons. Cela leur vaut aussi l’appelation de Buru tento (de l’anglais blue tent, tente bleue)
Selon les estimations le Japon compterait entre 10 et 15 000 houmuresu rien que dans la région des grands centres urbains que sont Tokyo, Osaka et Kyoto. Plus que chez nous peut-être ils sont ignorés par la population comme par les autorités qui n’ont pas vraiment d’état d’âme pour ces exclus. Des lois ont même été crées pour les empêcher de voler dans les poubelles. Si on voit quelques clochards ivrognes dans certains quartiers comme Shinjuku, la plupart des SDF japonais restent dignes et pratiquent rarement la mendicité. Ils vivent de la collecte des cannettes d’aluminium usagées ou de papiers et cartons. Certains dégottent des emplois journaliers. Ils peuvent même être payés pour faire la queue lors des grands événements qui déplacent des foules (sortie d’une nouvelle console de jeu vidéo par exemple). S’ils ne mendient pas, qu’ils ne sont pas vraiment pris en pitié, ni par leurs concitoyens ni par les autorités, c’est aussi pour des raisons profondes en lien avec la culture japonaise. Bouddhistes et volontiers fatalistes, les japonais considèrent que si ces hommes sont dans cette situation, c’est sans doute qu’ils l’ont mérité, ce n’est que la récompense de mauvaises actions dans cette vie ou dans une existence antérieure. Il apparait cependant que des liens avec les gens du quartier se tissent parfois et que certains SDF profitent de l’aide de certains du habitants ou commerçants du voisinage mais mais sans que ces comportement soit assimilable à une aumône ou à de la pitié
Souvent les bidonvilles nippons sont étrangement bien rangés, il n’est pas rare de voir du linge qui sèche étendu et comme pour se raccrocher à quelque chose, les SDF continuent à utiliser certains codes comme se déchausser avant d’entrer dans sa maison. La plupart des homuresu sont d’ailleurs sédentarisés. La majorité de ces japonais exclus n’est pas composée de marginaux, mais de victimes de la crise économique qui n’épargne plus l’Asie et fait pas mal de ravages au début des années 90. Les emplois garantis a vie, les entreprises paternalistes, ce n’est plus d’actualité, au Japon comme ailleurs. Certains de ces sans abris sont des Johatsu (des évaporés), des exilés volontaires, qui ont fuit le système pour ne pas faire peser le fardeau de leur déchéance sociale sur leurs proches. Ce sont majoritairement des hommes et âgés de plus de 50 ans
Sur le sujet des sans abris japonais, il existe un film d’animation que vous pouvez vous procurer sans problème en DVD. C’est Tokyo Godfathers de Satoshi Kon à qui l’on doit aussi le thriller paranoïaque Perfect Blue ou le fantastique et déjanté Paprika. C’est une fable de noël pleine d’humour et de poésie qui conte les aventures de trois SDF (une gamine fugueuse, un ivrogne et un travesti) recueillant un bébé abandonné sur un tas d’ordure. Derrière les péripéties que les trois compères ne manqueront pas de rencontrer au cours de leur enquête pour retrouver la mère du bébé, on en apprendra un peu plus sur leur vie et ce qui les a menés hors de la société. Comme dans beaucoup de contes, derrières l’aspect divertissant on pourra lire aussi la critique sociale.
Ils ont dit