Le Sumo

sumoLors d’un de mes séjours au Japon j’ai eu la chance de pouvoir assister à un tournoi de Sumo. Et bien je dois dire que j’ai été très agréablement surpris, j’ai passé un moment convivial et j’ai pu prendre quelques photos sur lesquelles je vais me baser pour faire une petite note sur ce sport.

Le Sumo est une lutte ancestrale japonaise dont les origines véritables semblent encore méconnues faute de tradition écrite. Les premières traces permettent toutefois de dire que le Sumo était déjà pratiqué dans l’archipel au VIIe siècle et sans doute bien avant. Au départ le sumo pourrait avoir eu une signification rituelle et aujourd’hui encore, ses règles obéissent à de nombreux codes issus de la tradition Shinto. Le Sumo aurait été à l’origine un spectacle offert aux dieux. Il est codifié sous sa forme actuelle et se professionnalise durant la période Edo (1603-1867)

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Ci-dessus une estampe de Utagawa Kunishida (1786-1864) représentant des lutteurs de sumo.

Les tournois de Sumo se déroulent les mois impairs. À Tokyo cela se passe au Ryogoku Kokugikan qui se situe pas très loin du musée Tokyo Edo (Metro Ryogoku : www.sumo.or.jp/eng/index.html). Suivant l’emplacement, les tickets coûtent de 500 à plus de 45 000 Yens. La salle est organisée en cercle autour du Dohyo, le ring, surplombé d’un toit en bois: l’Oyané. Ce toit qui dans le passé était supporté par quatre piliers est un vestige du temps où les combats avaient lieu en extérieur. Les piliers ont disparu, remplacés par des gros pompons en corde tressée : les Shibusa. Chaque Shibusa à une couleur et représente une saison : Le rouge, l’été, le blanc symbolise l’automne, le noir est l’hiver et enfin le vert, est la marque le printemps.

Le Dohyo est une grosse dalle d’argile tassé de 66 cm d’épaisseur et mesurant 6,70 m de coté dans laquelle est incrustée une grosse corde en paille de riz tressée. La zone des combat est un cercle de 4,55 m de diamètre avec en son centre les Shikiri, deux traits disposés l’un à l’ouest et l’autre à l’est sur lesquels les lutteurs prennent position au début du combat. Aux coins du Dohyo sont placés des pots de gros sel et un récipient d’eau utilisés pour les rites de purification.

Les lutteurs eux-mêmes sont appelés Rikishis (ou Sumotori lorsqu’ils sont encore débutants) et pour monter en grade, ils devront remporter un maximum de combats durant les tournois. Le rang suprême est celui de Yokozuna. Les Rikishis s’affrontent par rang et non par catégorie de poids comme dans d’autres sports de combat.

La règle des combats est simple, pour gagner il faut faire sortir son adversaire du cercle ou lui faire toucher terre avec n’importe quelle partie du corps (autre que la plante des pieds évidemment). Ils sont arbitrés par le Gyoji que l’on reconnaît à son kimono, à son chapeau et à l’éventail qu’il tient à la main. Avant chaque lutte, les Rikishis procèdent à des petits rituels de purification qui aident aussi à leur concentration. Ils devront en effet fournir un effort important durant un laps de temps assez bref. Les combats n’excédent pas quelques dizaines de secondes en général si on exclu les rituels avant et après.

Les lutteurs commencent par se saluer puis effectuent des exercices d’assouplissement en levant les jambes très haut et en percutant le sol très fort. Cette posture permet aussi de chasser le mauvais esprit du Dohyo. Ils vont se purifier en se rinçant la bouche avec une tasse d’eau puisée dans les récipients en bois placés aux coins du Dohyo. Ils vont ensuite prendre place face à face et tendre les bras, paumes des mains vers le ciel, pour signifier qu’ils combattent sans arme puis retourner dans leur coin prendre une poignée de sel et en asperger le ring pour le purifier.

Les combats se déroulent en un éclair et sont assez spectaculaires. La salle s’embrase quelques secondes, puis la tension redescend. L’ambiance qui entoure les matchs est très conviviale. On assiste au tournoi en famille et on peut louer un petit carré pour 4 ou 5 personnes ou l’on s’assoit sur des coussins après s’être préalablement déchaussés bien sûr. L’atmosphère est joyeuse et décontractée et contraste un peu avec la rigueur des codes du combat. Le public circule entre la salle et les coursives ou l’on peut acheter de quoi se nourrir : bento, brochettes, boissons diverses.

Aujourd’hui, d’après ce que j’ai pu lire, le Sumo, s’il est encore apprécié et que les salles se remplissent assez facilement, tomberait en désaffection en particulier chez le jeune public qui lui préfère des sports comme le base-ball. Les écoles de sumo ont du mal à recruter de jeunes prétendants même si les tournois rapportent encore de l’argent et que les lutteurs champions sont souvent riches et mariés à des femmes ravissantes, chanteuses ou modèles. Peut-être que l’obésité des lutteurs et leur nudité partielle ne sont plus non plus en accord avec les canons esthétiques contemporains qui s’occidentalisent ou qu’on aille dans le monde. Preuve de cette désaffection nombre de lutteurs viennent désormais de l’étranger. Parmi les grands champions de ces dernières années on a pu voir des Hawaïens, des Mongols et même des Européens comme le Bulgare Kotooshu.

Le Rikishi n’est habillé que d’une grande bande de tissu appelée Mawashi. Sa coiffure appelée Mage est préparée avec soin. Abondamment huilée, elle varie suivant les rangs, le chignon prenant par exemple la forme d’une feuille de Ginko. À la fin de sa carrière, le lutteur devra couper ses cheveux au cours d’un cérémonial, le danpatsu shiki.

Des exhibitions viennent apporter une note humoristique et un peu de détente au cour des tournois. Ici des enfants essayent de faire sortir le lutteur bulgare Kotooshu Pour clôturer le tournoi les lutteurs défilent dans une cérémonie appelée Dohyo Iri vêtus de leurs tabliers de soie richement brodés et décorés. Le Yokuzana reconnaissable à sa ceinture de corde ferme le bal et vient saluer le public. La danse de l’arc (yumitori shiki) vient clôturer chaque journée de tournoi.

Pour voir l’intégralité des photos de ce tournoi (31) , vous pouvez aller faire un tour sur mon album Flickr

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