Certaines « traditions » françaises s’exportent assez bien au Japon. C’est la cas de la très commerciale fête du beaujolais nouveau qui permet d’écouler l’espace d’une journée des milliers d’hectolitres de picrate, souvent imbuvable, dans le monde entier. Au Japon, ou l’on a un certain respect pour les traditions culinaires et viticoles françaises, c’est un carton (paradoxalement).

Ajoutez à cela la mode des cosmétiques à base de raisin et dérivés et la tradition séculaire locale des bains et cures thermales et vous obtenez un grand n’importe quoi. Ainsi des petits malins du coté de Hakone, région réputée pour ses sources chaudes et ses établissements de bains, propose chaque troisième jeudi de novembre, des bains au beaujolais nouveau aux vertus soit-disant bienfaitrices pour la peau. Vous me direz, c’est peut-être mieux de se baigner dedans que de le boire…
Passé la blague et le coté festif de l’évènement, le Japon est un des premier débouché pour les producteurs de beaujolpif nouveau. Ils y écoulent plus de 6 millions de boutanches de primeur chaque année à un coût moyen entre 15 et 20 euros, vous imaginez…
Pour un français, au Japon, le vin sera un sujet de discussion incontournable. Les japonais s’imaginent que si on est français on s’y connait forcément en rouquin, c’est génétique. Vous aurez donc souvent la lourde de tache de choisir le breuvage au resto ou supermarché, ou de goûter la vielle bouteille de bordeaux qu’on vous sort du frgio bien glacée pour dire ce que vous en pensez…L’avantage, c’est que si le Japon produit les meilleurs sommeliers du monde, le nippon moyen ne s’y connait pas beaucoup plus que moi en vin et qu’il est assez facile de faire illusion.

Vos hôtes vous proposerons peut-être aussi de goûter certaines cuvées locales, souvent affublées de noms à consonance française pour faire plus chic: « mon frère », « bon rouge », « bon blanc »…Si c’est le cas, méfiez-vous et concentrez vous pour éviter que vos mimiques ne trahissent vos émotions une fois ingurgitée la première gorgée de mixture. J’ai eu l’occasion d’en tester une ou deux. Sans que ce soit foncièrement répugnant, c’est assez surprenant et en tout cas assez loin de notre conception du vin. Ce serait plutôt quelques chose à mi-chemin entre un jus de raisin, pour le coté très sucré, et un vin de table bon marché pour l’acidité.
Ils ont dit