Situé dans une petite rue proche de la place de la République, Sept’n est un petit restaurant d’une vingtaine de couverts, tenu par un japonais expatrié à Paris. La petite salle est chaleureuse et chaude. La cuisine est située à l’un de ses angles, derrière une baie vitrée. On profite des sons et des odeurs de cuisson, parfois aussi un peu de la fumée. Le chef est tout seul pour préparer les repas, et c’est son grand fiston qui s’occupe du service de façon aimable et avenante. La carte est courte, 4 entrées, 4 plats et 4 desserts avec en plus un plat du jour qui varie selon les saisons et l’inspiration du chef.
C’est une cuisine de mélanges, mariage de saveurs japonaises et françaises. En entrée, je choisis l’escalope de foie gras, annoncée comme la spécialité de la maison. Elle est servie en tranche sur un lit de riz à sushi (riz vinaigré légèrement sucré) et arrosée de sauce teriyaki, la sauce sucrée qu’on trouve par exemple sur les brochettes yakitori. Le mariage sucré salé n’est pas une nouveauté pour le foie gras mais ici cela fonctionne plutôt bien.
Avec le riz et la quantité de sauce teriyaki, la dominante sucrée très prononcée masque un peu la saveur du foie. Pour contrebalancer un trait d’une sorte de vinaigrette à la betterave vient apporter un peu d’acidité. Pas mauvais, mais il me semble avoir déjà gouté cette spécialité dans d’autres restaurants franco-nippons à Paris, au Wa ou chez Guilo Guilo notamment.
Pour la suite, mon choix s’avère peu judicieux car trop proche de l’entrée. J’opte en effet pour l’escalope d’espadon. Elle est posée sur un lit de risotto et badigeonnée d’une sauce au miso (pâte de soja fermenté) légèrement sucrée. Pas désagréable malgré une certaine redondance, mais l’espadon, un peu trop cuit à mon gout, était un peu sec. J’ai pu goûter aussi au magret de canard, commandé rosé mais, encore une fois, un peu trop cuit et baignant dans une sauce au parfum de gingembre vraiment trop prononcé. En dessert, j’ai craqué pour une poire mariné dans un sirop au saké et arrosée de chocolat fondu. Rafraichissant et léger, mais j’ai eu un peu de mal à percevoir le parfum du saké, masqué par la force du chocolat.
Avec l’entrée, le plat et le dessert vous vous en sortirez pour 40 euros par tête sans les boissons. C’est correct, les plats sont harmonieux et la qualité est là, les produits sont frais. La salle étant petite, il est prudent de réserver. Par ailleurs, le chef étant seul en cuisine, n’espérez pas diner rapidement, comptez au minimum deux heures pour le menu complet si la salle est pleine. A noter que la place, référencé dans plusieurs guides nippons, est très fréquentée par les touristes japonais. Le soir ou nous y étions ils constituaient bien 80 % de la clientèle. Vraiment très efficaces ces guides japonais.
Sept’n
6 Rue Rampon
75011 Paris

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